un établissement et un réseau déchirés 16/03/2009
Paris, le 16 mars 2009
Communiqué n° 78
CNDP : un plan d’accompagnement social, un établissement et un réseau déchirés
Le 5 septembre dernier, le secrétaire général du ministère annonçait que les personnels du CNDP délocalisé seraient reclassés avec « équité et intelligence », dans un travail « cousu main ».
La direction générale continuant à mener l’opération dans la même confusion et avec le même mépris qu’auparavant, les personnels ont tenté en vain de joindre le secrétaire général, comme celui-ci les y avait invités en cas de problème, et lancent maintenant un appel public.
« Je ne suis pas une assistante sociale. Il faut que je leur mette la pression pour qu’ils partent plus vite. » (le DG du CNDP, 10 février 2009)
Le plan d’accompagnement social (PAS), validé par le ministère, n’est pas respecté par la direction générale qui prétend que le reclassement prioritaire dans le réseau Scérén n’est pas possible et que les précaires et les collègues arrivés après l’annonce de la délocalisation ne seront pas reclassés. La direction ne se conforme pas aux préconisations du PAS pour calculer les indemnités des partants. Elle pratique l’abus de pouvoir et l’intimidation en tentant d’imposer à certains collègues d’anticiper leur départ, « compte tenu de l’issue aléatoire » des démarches de reclassement, comme elle l’a écrit dans un courrier individuel.
Du point de vue de l’efficacité, le nombre des agents reclassés après six mois est actuellement dérisoire, ce qui n’a rien d’étonnant vu le peu de cas fait des propositions du comité de suivi du PAS. Sans compter le départ soudain, deux mois après son arrivée, de la personne présentée comme la pièce maîtresse de la cellule de reclassement. Et sans oublier la quasi-absence de prise de contact avec les grands établissements publics, les universités ou le ministère de la Culture susceptibles d’accueillir les collègues.
Nous demandons une fois de plus le respect des personnels et le respect des engagements pris.
Une « gouvernance » qui pose problème
Les agissements de la direction générale ne sont pas étrangers à la situation actuelle.
L’exemple du schéma concerté d’orientation. Concerté, le schéma d’orientation du Scérén-CNDP ne l’a pas été ; rien n’a été retenu de ce qui a été proposé par les personnels au cours de deux réunions imposées au directeur général par le ministère mais totalement bâclées. Il n’a d’ailleurs été soutenu, au cours des votes du CTP, du CTPC et du CA, par aucun représentant des personnels des deux implantations géographiques du CNDP et du réseau.
Le texte est un fourre-tout déroulant la liste de ses services et dont sont exclues toute idée directrice ou stratégie en matière d’édition et de documentation pédagogiques. L’audiovisuel du CNDP (activité historique dans l’établissement s’il en est) y passe à la trappe et l’impasse est faite sur la situation inquiétante dans laquelle se trouve le réseau Scérén. L’auteur de cet exercice solitaire de réécriture tente de se rattraper avec l’édition numérique, dont il confond les notions (multimédia avec convergence numérique, texte avec imprimé…) et dont il évoque l’avenir avec un optimisme digne du théâtre de l’absurde : « Nous allons inventer un modèle économique. »
S’il fallait donner un symbole de l’évolution intellectuelle du CNDP sous son responsable de l’heure, nous le trouverions dans le remplacement du représentant du secteur culturel au conseil d’administration : le PDG des éditions Gallimard laisse la place au directeur du Futuroscope.
Missions jetées. L’audiovisuel n’est pas la seule mission mise à mal. Les projets les plus importants vantés dans le schéma d’orientation, pôle national des contenus numériques, plate-forme de distribution des ressources pédagogiques, « Canal Scérén », commandés par le ministre et la SDTICE (parfois depuis 2003) ou par l’établissement lui-même pour sa propre survie n’ont pas abouti. La double cyberlibrairie sur la page d’accueil du site web du CNDP est à l’image du feuilleton auquel ce dossier a donné lieu et ne consolide aucun « modèle économique ». Plusieurs rubriques de ce même site sont laissées en déshérence depuis des années. Ce que l’on craignait sur le transfert des missions, brutal et sans concertation, s’est produit.
Management et maltraitance. On aura compris que le nombre de personnes reclassées par le directeur général ne doit pas être inscrit dans ses indicateurs de performance et que le mot d’ordre est de détruire au plus vite le CNDP francilien. Mais maltraiter les hommes et les femmes aurait pu être évité. Pourquoi laisser certains services sans responsable ni information, puis sans travail, en dilapidant ainsi l’argent public « dès le premier euro » ? Pourquoi humilier continûment ses propres cadres en public ? Le caractère de plus en plus irréel de sa feuille de communication interne et, pour clore provisoirement la liste, l’invraisemblable cérémonie au cours de laquelle il se fait décorer devant le personnel, non prévenu et public captif, ont quelque chose d’inquiétant.
Les personnels de Chasseneuil ont fait connaître eux-mêmes leurs revendications et dit de quelle façon ils appréciaient l’atmosphère qui règne à @4.
De nombreux centres régionaux du Scérén ont fait part de leur indignation quant à la manière dont ont été menacés de licenciement des personnels techniciens et ouvriers, écartés des enseignants, passés des contrats d’objectifs fondés sur des considérations strictement comptables et mettant en péril les missions du réseau, voire la raison d’être de celui-ci.
Un faisceau d’observations, une demande réitérée
• Pour la première fois, l’Ile-de-France, Chasseneuil et le réseau Scéren perçoivent simultanément la même difficulté. Or le CNDP est un exemple aux yeux des agents des établissements publics dont on a annoncé la délocalisation et qui constatent avec intérêt comment on y traite les missions et les personnels. Les quelques observations rassemblées ici ont de quoi les édifier, elles intéressent aussi les collègues qui s’affrontent aux conséquences de la RGPP au ministère même.
• Comment interpréter l’attitude du ministère lorsqu’il contraint le CNDP à financer seul le plan de reclassement des personnels par prélèvement sur son fonds de roulement et sans subvention complémentaire, et laisse la direction générale manœuvrer en faisant la preuve de son incapacité ?
• Nous demandons à nouveau au secrétaire général du ministère de prendre la mesure de ce qui dysfonctionne dans l’établissement – mise en œuvre de sa délocalisation et reclassement de ses personnels –, comme dans le pilotage du Scérén. Nous insistons auprès de lui pour qu’il nous reçoive de toute urgence avec les représentants de nos fédérations nationales.
l'intersyndicale